La Tragédie du Train de LOOS [Vendredi 1er Sept. 1944]
   
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Article rédigé en 200
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En 2003, l'historien Yves Le Maner, dans un ouvrage remarquable de précision, de rigueur, faisait paraître l'histoire du Train de Loos :"le grand drame de la déportation du Nord Pas de Calais."
Une enquête minutieuse a permis de retrouver les archives indispensables en Allemagne, en Suisse, en France. Elles ont permis d'établir avec précision la liste des 871 déportés du Train de Loos et le nombre des survivants à la libération des camps.
Ce livre met aussi fin à 60 ans d'interrogation, de doute, d'approximation. C'est un remarquable travail de mémoire qui a permis aux familles de déportés de faire enfin leur deuil. En mai 2003 12 plaques de bronze portant les noms des 871 déportés ont été inaugurées par le ministre Jean Paul Delevoye; ce mémorial est en face de la prison de Loos, d'où sont partis ces 871 déportés le 1/09/1944 !

* les chiffres du nombre de déportés et de rescapés étaient de 1250 et 130 survivants ! Ils ont été rectifiés suite à la parution du livre de Yves Le Maner.



Dernier train de déportés quittant le nord de la France pour les camps nazis, le Train de Loos quitte la gare de marchandises de Tourcoing le vendredi 1er septembre 1944 vers 17h30 et prend la direction de la Belgique...

Ce train emmène environ 871 détenus politiques tous résistants, considérés comme de dangereux terroristes par les Allemands, de toutes origines sociales, de tous les réseaux de résistance, regroupés depuis quelques jours par les SS dans les cellules de la prison de Loos et la prison Saint Bernard située sur le domaine pénitentiaire de Loos.

La libération de la France a commencé le 6 juin 1944 avec le débarquement des alliés sur les plages de Normandie. Les premières semaines ont été très difficiles et meurtrières, mais en cette fin août 1944, le verrou de Normandie est franchi. Paris est libéré le 25 août, les alliés remontent vers la Belgique. L’armée canadienne libère le littoral de la Manche et de la mer du Nord ; l’armée britannique progresse vers Lille. Elle est, fin août, à proximité d’Arras. L’armée américaine est sur l’axe Cambrai­Valenciennes. Partout, l’armée allemande bat en retraite. Elle se replie en ordre vers la Belgique utilisant tous les moyens de locomotion possibles cheval, vélo, véhicules motorisés. Pour le Nord de la France, classé en zone interdite dès juin 1940, rattaché à l’autorité allemande de Bruxelles, l’heure de la délivrance approche, les mouvements de résistance se préparent à livrer leur ultime combat pour libérer le pays. Les alliés ont partout l’initiative et la maîtrise du ciel.

Dans les prisons et en particulier dans celles de Loos, les nouvelles parviennent aux détenus politiques par bribes. Les bruits de la guerre se rapprochent, les avions alliés survolent et bombardent les points stratégiques autour de Lille comme la gare Saint Sauveur. L’espoir, peu à peu, gagne ces prisonniers enfermés dans les cellules du quartier D de la prison allemande et de la prison Saint Bernard qui accueille les nouveaux détenus politiques ramenés dans la précipitation sur Loos, des prisons de Douai, Arras, Valenciennes.

Depuis juin 1940, la prison de Loos (la maison d’arrêt actuelle) est occupée pour moitié par l’armée allemande. En effet, les Allemands se sont réservés le quartier D, soit trois niveaux de 43 cellules chacun. Dans chaque cellule les détenus sont entassés par 5, 6, 7 ou plus, dans des conditions d’hygiène et de salubrité lamentables; les nuits sont particulièrement éprouvantes, les vêtements sont hors de la cellule et la lumière éclaire la cellule toute la nuit. La prison allemande peut donc recevoir entre 800 et 1 200 détenus. Elle verra passer des milliers de ces malheureux durant les quatre années d’occupation.

Organisation de l'opération Train de Loos par les SS .

Assurer la protection et la sécurité en utilisant des éléments fanatiques et aguerris de la division SS "HERMANGOERING". Trouver les moyens de transport de Loos à Tourcoing: camions, ambulances, voiture cellulaire.
Trouver une gare disponible. Ce sera la gare de marchandises de Tourcoing encore opérationnelle. Des wagons à bestiaux, une locomotive dénichée au dépôt de Leers est mise sous pression le 31 août.

C’est la sinistre Gestapo de La Madeleine qui amène le plupart des détenus après les avoir sauvagement interrogés dans les locaux sordides des caves des immeubles de la rue François de Baedts n°18 à 20. C’est dans les premières heures de leur arrestation que les résistants subissent les plus violents et sauvages interrogatoires avant de les amener à la prison dans des états physiques innommables !
Les tribunaux allemands prononceront ensuite la sentence soit l’exécution, soit la déportation vers les camps.

Deux départs vers les camps ont lieu à date fixe chaque mois. Le sort de ces détenus politiques n’intéresse absolument pas les autorités civiles, judiciaires et religieuses françaises. Ils sont totalement abandonnés à eux-mêmes. Il faudra la volonté de quelques personnalités d’origines très diverses pour qu’ils ne soient pas totalement ignorés. C’est l’action d’Henri Duprez, résistant, qui réussit à créer «un secrétariat d’assistance juridique devant les tribunaux allemands » avec l’aide du Pasteur suisse Marcel Pasche et de Carlo Schmidt, représentant de l’armée allemande mais adversaire déterminé des Nazis et des SS. Les trois hommes ont des contacts réguliers, Marcel Pasche servant souvent d’intermédiaire.

Ainsi, fin juillet 1944, Henri Duprez et Marcel Pasche se rencontrent dans un café lillois en face de la Bourse de Commerce de Lille où est installée l’autorité allemande O.F.K.. Marcel Pasche transmet un document très important, remis par Carlo Schmidt à Henri Duprez. Ce document est une proposition de I’O.F.K., de libérer les détenus politiques de Loos à la condition que la résistance régionale n’intervienne pas dans la retraite de l’armée allemande. Ce document, Henri Duprez veut le soumettre au plus vite au responsable régional de la Résistance Dassonville (alias Timéon) et des FFI. Henri Duprez ne peut le rencontrer, il ne rencontre que son subordonné qui s’indigne de ce marchandage avec l’ennemi. Ce document remis par Henri Duprez a-t-il été remis à Timéon ? Nul ne le sait. Par contre, ce subordonné propose à Henri Duprez de mettre sur pied un plan d’attaque de la prison de Loos pour une libération par les armées de la Résistance, de tous les prisonniers.

Henri Duprez rencontre le capitaine Hery, commandant les GMR qui gardent la prison de Loos à l’extérieur. Résistant, le capitaine Hery promet son aide et la neutralité des GMR dans une tentative de la Résistance. Mais Hery est arrêté le 9 août 1944 par la Gestapo, torturé sauvagement, il sera déporté le 30 août 1944 vers l’Allemagne. L’intervention de la Résistance beige arrête le convoi près de Bruxelles, les déportés sont libérés. Hery, affaibli, regagne la France et apprend le départ du Train de Loos. Il mène son enquête pour comprendre comment ce train a pu partir au milieu de la retraite générale de l’armée allemande, à quelques heures de l’arrivée des alliés à Lille. Il allait faire des révélations importantes quelques mois plus tard, en particulier à Vandeneckoute, fondateur de l’amicale des rescapés du Train de Loos, quand il fut emporté par une mort brutale, sans doute le résultat des tortures subies en août 1944. Hery emporte avec lui dans la tombe le secret de ses investigations et les conclusions de son enquête.

Les semaines qui ont précédé le départ du Train de Loos sont donc très agitées. Il a fallu attendre le colloque universitaire de 1984 à Lille pour que les acteurs de cette période tragique confondent leurs points de vue et comprennent ce qui s’est passé avant le départ du Train de Loos du 1er septembre 1944.

L’arrestation du Capitaine Hery le 9 août 1944 et le remplacement des GMR par la milice de Vichy marquent la prise en mains de la prison de Loos par les SS.

La tension entre la Wehrmacht et la SS ne cesse de monter. Les SS ont fini par obtenir de prendre en charge les détenus politiques enfermés dans les prisons au nord de Paris. Ils vont les regrouper dans les prisons de Loos et former le dernier convoi de déportés quittant le nord de la France pour les camps nazis. Il est probable que ces détenus politiques pourront servir de monnaie d’échange, d’otages avec les alliés. Les SS fanatiques, remarquablement organisés et efficaces, vont mettre en place un plan de transport et réquisitionner tous les moyens pour parvenir à leur fin. Ainsi des prisons de Béthune, Valenciennes, Douai, Arras, les détenus politiques sont acheminés vers Loos par train, par autobus, alors que l’armée allemande pressée se replie en hâte vers la Belgique et qu’elle aurait bien besoin de ces moyens de transport. Pour arriver à la prison de Loos, ces détenus mettront beaucoup de temps, l’aviation alliée est omniprésente, attaque les gares, les convois. Arrivés à Loos, ces malheureux sont entassés dans les cellules déjà surchargées. On utilisera les locaux de la prison Saint Bernard, annexe de la prison de Loos, pour y attendre le départ.

Dans les cellules de Loos, l'appel des partants se fait dès 5h00 du matin dans l'excitation général.
80 rotations entre Loos et Tourcoing, de 8h00 à 17h00, vont amener en gare de Tourcoing environ 1250 détenus politiques. La derniére rotation arrivera trop tard. Les détenus seront libérés sur place. Les wagons prévus sont insuffisants;on utilisera des wagons jugés insalubres. Les détenus sont entassés par 80-90, voir par 100 par wagon, sans eau, sans air.
Intervention très surveillée de la Croix Rouge qui apporte quelques vivres et un réconfort moral.
17h30 le train se forme, les wagons sont regroupés avec des voitures de voyageurs entre deux pour les soldats SS.

17h45: Le train de Loos s'ébranle, prend la direction de Mouscron. Les détenus dans l'angoisse croient encore au miracle d'une libération par l'aviation alliée, par la résistance locale française, puis belge, mais en vain.
La Marseillaise lancée par l'avocat Heneaux du barreau de Lille ne suffit pas à rendre l'espoir.
La résistance avertie s'approche de la gare mais elle manque d'armes et d'hommes pour affronter l'unité SS.


C'est dans des wagons semblables à celui-ci (Aucun wagon du " Train de loos " n'existe plus) qu'étaient enfermés de 8 à 100 "passagers".

Les SS pendant ce temps, ont choisi la gare de marchandises de Tourcoing comme base de départ du convoi. C’est sans doute l’une des dernières gares encore disponibles et utilisables. Ils vont exiger la mise sous pression d’une locomotive trouvée par miracle, tant la demande doit être forte de la part de l’armée allemande. Dans la gare stationnent quelques rames de wagons de marchandises sur les voies 23 - 26 - 27.

Pour le transport de Loos à Tourcoing d’environ 1 250 détenus politiques, les SS réquisitionnent toutes sortes de véhicules ambulance, véhicule cellulaire, camion. Ils obtiendront des autorités civiles françaises l’essence nécessaire. Ces véhicules, dont certains sont en mauvais état, connaîtront des pannes, des retards mais assureront environ 80 rotations entre 5 heures du matin et 17 heures en ce vendredi 1er septembre 1944. Les SS ont fait un tri des dossiers, ils mettent sur leur fichier tous les détenus condamnés à plus de trois mois de prison, les autres hommes et femmes de la Résistance seront libérés au cours de la journée du 1er septembre 1944 par paquets de 20, avec ordre de disparaître au plus vite.

Dès 3 heures du matin, la prison est brutalement réveillée après une agitation inhabituelle, les gardes entrent dans les cellules et procèdent à l’appel de ceux qui vont partir et qui ne comprennent absolument pas ce qui leur arrive. On leur distribue leurs objets personnels, on leur donne un peu de nourriture. Puis, dès 5 heures, par groupes de 20, ils grimpent entassés dans les véhicules, que ce soit l’ambulance ou la voiture cellulaire, ils prennent la route de Tourcoing par l’Heurtebise à Haubourdin, direction Lille boulevard Vauban. Le premier véhicule fait une halte à La Madeleine car les SS et leur chef Paarman embarquent deux caisses de dossiers pour continuer les interrogatoires à l’arrivée dans les camps.

Cliquer sur les vignettes pour lire les documents manuscrits relatant les événements du Départ du Train...

Le 3 octobre 1972
Renseignements fournis par monsieur Henri DELEGLISE
44 rue Camille Desmoulins à Tourcoing.

Ce monsieur était à la gare
le 1er septembre 1944, en service.
Le chef de la gare français à l'époque
était Monsieur Raymo
nd BEHAL, aujourd'hui décédé.

Arrivés à la gare de Tourcoing, les détenus sont débarqués et poussés dans les wagons - 80 puis 100 pour les derniers arrivés dans chaque wagon. La gare est devenue une forteresse. Les SS ont utilisé des éléments de la division SS « Herman Goering», soldats farouches et déterminés qui ont mis la gare en état de siège, installant des mitrailleuses sur le convoi, disposant de soldats, doigt sur la détente tous les 10 mètres. La Résistance locale avertie a d’abord dissuadé les détenus de ne rien tenter pour s’évader. Les combattants FFI, qui s’approchent de la gare se rendent à l’évidence, avec leurs faibles moyens en armes, ils ne disposent pas de la puissance de feu nécessaire pour affronter avec succès la gare de Tourcoing. La Résistance doit se replier. La Croix Rouge avertie de la formation de ce convoi est autorisée à apporter eau et vivres aux détenus. Elle est étroitement surveillée par des soldats surexcités, nerveux, prêts à tirer. La Croix Rouge n’a pas de gros moyens pour venir en aide à ces malheureux qu’on entasse comme du bétail dans ces wagons surchauffés, sans air, sans lumière, sans aucune hygiène possible pour les besoins naturels. Les arrivées se multiplient, les wagons manquent, les SS en trouvent d’autres complètement insalubres ayant servi au transport de la chaux ou du ciment ; un balayage superficiel suffira. Les derniers arrivés vont en plus suffoquer. L’excitation est générale, le chef de convoi craint l’arrivée des FFI en force, de l’aviation alliée.

Vers 17 heures, le convoi se forme, la locomotive regroupe les wagons dispersés et forme le convoi. Une quinzaine de wagons, avec entre deux des voitures de voyageurs pour les SS qui ont ordre de tirer sur toute tentative d’évasion et qui menacent de représailles sur ceux qui ne pourront s’évader. Lentement le convoi démarre, il prend la direction de la Belgique. Dans les wagons, c’est l’affolement. L’espoir fait place au désespoir, malgré le courage de quelques uns qui entonnent la Marseillaise en croyant encore au miracle d’une intervention de la Résistance des cheminots français ou belges. Incapables de s’asseoir, pouvant à peine respirer, les détenus sont abattus, démoralisés, désespérés.

Vers 17h30, le dernier transfert de détenus arrive trop tard, le train vient de partir. Leur libération est immédiate. C’est presque un miracle. A Loos, les prisons sont vides. Quelques malheureux détenus malades ont été oubliés, d’autres dans une cellule ont échappé au départ. Ils doivent cet autre miracle à la précipitation générale du départ en catastrophe des SS.

Dans les cellules de Loos, l'appel des partants se fait dès 5h00 du matin dans l'excitation générale.
80 rotations entre Loos et Tourcoing, de 8h00 à 17h00, vont amener en gare de Tourcoing environ 1250 détenus politiques. La derniére rotation arrivera trop tard. Les détenus seront libérés sur place. Les wagons prévus sont insuffisants;on utilisera des wagons jugés insalubres. Les détenus sont entassés par 80-90, voir par 100 par wagon, sans eau, sans air.
Intervention très surveillée de la Croix Rouge qui apporte quelques vivres et un réconfort moral.
17h30 le train se forme, les wagons sont regroupés avec des voitures de voyageurs entre deux pour les soldats SS.

C’est officiellement le 1er septembre 1944, vers midi, que l’armée allemande quitte Loos et Lille pour se replier. Un étrange silence s’abat sur ces lieux maudits alors que dans les wagons, la soif, l’angoisse gagnent les détenus.

La résistance avertie s'approche de la gare mais elle manque d'armes et d'hommes pour affronter l'unité SS.

Le convoi d’une quinzaine de wagons démarre vers 17h30, ce vendredi 1er septembre 1944. Il prend la direction de la Belgique, se dirige vers Gand-Anvers, puis entre en Hollande. Il passe à proximité des usines Philips rasées par les avions alliés, puis le convoi redescend vers Cologne en Allemagne. Les SS ont rusé, le train change plusieurs fois de numéro, de direction, s’arrêtant pour laisser passer des convois prioritaires. Durant une halte dans une gare, le convoi est mitraillé par un convoi de SS qui ont appris que des terroristes français se trouvaient dans ce train, certains déportés sont blessés. Le chef du Train de Loos oblige le convoi à repartir dans la précipitation, plus vite que prévu. La résistance belge qui a saboté la voie en y disposant des explosifs avec un dispositif à retardement, a la désagréable surprise de voir le Train de Loos passer plus vite que prévu. L’explosion se fait après le passage du train. La malédiction s’ajoute au calvaire des déportés.

Le Train de Loos arrive à Cologne le dimanche 3 septembre 1944 à 9h00 du matin, soit après 40 heures de transport dans des conditions abominables pour les hommes ; quelques déportés sont morts ou blessés durant ces heures. Certains ont réussi à s’évader. Six au moins ont bravé le danger de se faire tuer par les SS et à l’hostilité des autres déportés inquiets d’éventuelles représailles. Partout l’armée allemande bat en retraite. Elle est chassée vers la Belgique dans une cohue indescriptible. Malgré cela les SS ont réussi ce tour de force d’acheminer leurs proies jusqu’en Allemagne.

Les déportés sont débarqués et parqués dans les locaux de la Foire commerciale de Cologne. C’est un soulagement général après 40 heures d’enfer. La pluie sur Cologne est la bienvenue même si certains déportés, couverts de minium ou de ciment, ont une allure inquiétante. L’environnement est hostile, de jeunes nazis en particulier menacent les déportés qualifiés de terroristes, il faut l’intervention énergique des gardes plus âgés pour éviter le pire.

Le Nord est à présent libéré, les combats ont été violents entre la Résistance et l’armée allemande en retraite, apportant son lot d’exactions et d’exécutions d’otages. Il s’en est fallu de quelques heures pour que le destin de ces centaines de déportés politiques soit totalement différent. Le 4 septembre 1944, environ 250 déportés du Train de Loos sont prélevés et embarquent dans un autre train vers Mulheim. Ils vont participer au déblaiement de la ville après les bombardements réalisés par les alliés. Le reste du Train de Loos reprend le même train avec les morts restés dans les wagons et dans des conditions aussi inhumaines. Il va pendant trois jours encore rouler vers le Nord Est pour arriver en gare d’Orianienbourg le jeudi 7 septembre et gagner à pied le camp de concentration de Sachsenhausen, à 30 kilomètres au Nord Est de Berlin. Il y aura 106 000 morts dans ce sinistre camp Les trois derniers kilomètres sont parcourus sous les coups, les hurlements, les morsures des chiens avec en plus les morts à porter. Arrivés au camp, il sont au blok 51, le blok des arrivants. Ils sont identifiés, transformés en bagnards, immatriculés dans les 97 000, 98 000. Après cet accueil mouvementé, les 1 000 déportés sont regroupés aux Blok 37 et 38 pour 5 semaines d’une terrible quarantaine où les SS vont les briser physiquement et moralement par un régime de terreur. La vie d’un déporté est tributaire de l’humeur des Kapos qui peuvent sans raison les battre à mort. Ces Kapos rivalisent entre eux par leur sadisme et leur cruauté.

A gauche, l'itinéraire du Train de LOOS
(trajet vers les camps de déportation).
A droite, l'extrait de la carte d'Allemagne
correspondant à ce trajet.
Clic sur l'une ou l'autre de ces vignettes pour le suivre...
LA MONTEE A L'APPEL
Après une longue journée de travail exténuant, c'est la montée à << l'appel >> ,vers un nouveau supplice qui peut durer des heures ....

LA STRAFKOMPANIE
Mesure disciplinaire qui consiste à faire courir les déportés autour de la place du camp, dans le sable, l'eau, les cailloux, avec des chaussures neuves de l'armée afin de les assouplir. Chaque déporté porte 12 kg. de charge et court de 6h à 17h soient 60 tours c'est-à-dire 40km!

A bout de force un déporté français refuse de faire le pas de l'oie obligatoire à certains passages:il est abattu par les SS. Est-il mort pour rien? Non! a bout de force ce déporté gardait sa dignité d' homme !

Extraordinaire témoignage de la liberté de l'esprit de la grandeur de l'homme dans ces temps d'horreur et de mépris.

Regroupés au bloc 51, les déportés Loos de sont immatriculés entre 97000 et 98000, rasés, identifiés, transformés en bagnards avec des hardes récupérées sur des morts.
Pendant cinq longues semaines, ils subissent la quarantaine aux blocs 37 et 38 où tout est mis en oeuvre pour les briser moralement et physiquement.
Tourcoing-Gand-Anvers-Eindhoven-Breda-Utrecht-Zwolle-Groningen-Cologne.
Aprés 40 heures. Le train arrive à Cologne le dimanche 3 septembre à 9 heures.
Le train de Loos change souvent de direction, de numéro, se faufile entre les convois prioritaires. Les SS aménent leurs proies en Allemagne au milieu de la retraite générale de l'armée allemande.

Les 250 déportés de Loos envoyés à Mulheim rejoindront leurs camarades et échapperont à cet isolement de la quarantaine. Après cette mise en condition, les déportés seront à nouveau triés, séparés, pour être répartis dans des Kommandos de travail ou dans d’autres camps.

17, 18, 19 octobre 1944, c’est la dispersion. Les 250 déportés du Mulheim partent à Kochendorf puis Dachau à la fin. Quatre cent sont envoyés à l’île d’Usedom où se trouve la base de V1 et V2 de Peenemünde. Plusieurs centaines d’autres iront au camp de Neuengamme à Hambourg, puis plus tard certains iront vers les camps de Buchenwald, Mathausen, Bergen Belsen. Seuls 250 déportés du Train de Loos resteront à Sachsenhausen et seront dispersés dans différents Kommandos. Les conditions des déportés se dégradent encore, à la faim, aux coups s’ajoutent le froid, la neige.

Vers le 15 octobre 1944, abrutis, diminués, épuisés, affamés, les déportés de Loos vont partir vers d'autres camps et Kommandos pour un travail forcé épuisant.
400 arrivent dans l'île d'Usedom pour être utilisés sur la base expérimentale de Peenemünde où les Nazis préparent leurs armes secrètes (V1-V2 et avion sans pilote).
Aux coups, à la faim, la dysenterie s'ajoutent le froid, le vent glacial, la neige.
400 autres arriveront au camp de Neuengamme.

Les alliés de l’Ouest et de l’Est sont, en ce début de 1945, largement entrés en Allemagne. Ils vont faire leur jonction et convergent sur Berlin. Leur approche se fait sentir dans les camps de déportés. La nervosité gagne tout le personnel d’encadrement. La belle organisation nazie se dégrade, l’affolement s’installe, les ordres, les contrordres se succèdent. Les déportés sont entraînés dans d’effroyables marches de la mort car les transports ferrés ou motorisés disparaissent. Jusqu’à l’extrême limite, les SS vont entraîner leurs proies dans l’abîme. Aussi, les départs de déportés se succèdent dans les camps sur l’île d’Usedom. 600 sont embarqués dans trois barges tirées par un remorqueur pour être débarqués 48 heures plus tard et reprendre les wagons à bestiaux pour arriver dans un camp sinistre, surpeuplé de Bergen Belsen.

Vers le 15 octobre 1944, abrutis,diminués, épuisés, affamés, les déportés de LOOS vont partir vers d'autres camps et KOMMANDOS pour un travail forcé épuisant. 400 arrivent dans l'île d'Usedom pour être utilisés sur la base expérimentale de Peenemünde où les nazis préparent leurs armes secrétes (V1-V2 et avion sans pilote). Aux coups, à la faim, la dysenterie s'ajoutent le froid, le vent glacial, la neige. 400 autres arriveront au camp de Neuengamme.

17h45: Le train de Loos s'ébranle, prend la direction de Mouscron. Les détenus dans l'angoisse croient encore au miracle d'une libération par l'aviation alliée, par la résistance locale française, puis belge, mais en vain.
La Marseillaise lancée par l'avocat Heneaux du barreau de Lille ne suffit pas à rendre l'espoir.

Janvier-Février : l'approche des alliés oblige les SS à entraîner dans des marches de la mort des milliers de déportés dont les cadavres jalonnent les routes empruntées. C'est hallucinant !
Le calvaire des déportés s'achève avec l'arrivée des alliés entre le 15 avril et début mai 1945.
Il est pratiquement sûr qu'il ne serait resté aucun survivant du train de Loos si ce calvaire avait encore continué quelques jours de plus.

Photo saisissante des rescapés des camps aprés quelques mois en enfer à l'extréme amaigrissement s'ajoutent les maladies, épidémies qui laisseront des séquelles très graves et pour longtemps.

La libération s’étale sur avril, mai. Les alliés n’en croient pas leurs yeux tant le spectacle est horrible l’amoncellement des cadavres, la récupération des survivants est souvent insupportable. Beaucoup de libérés mourront après leur libération des suites des maladies, sévices ou suralimentation brutale.

Peu à peu, ils rentreront en France, affaiblis, terriblement amaigris, incapables d’expliquer ce qu’ils viennent de subir. Beaucoup vont s’enfermer dans un long silence, vont se murer dans leur souvenir car souvent incapables de traduire par des mots ce qu’ils ont vécu.
Ils sont également désabusés de retrouver au premier plan des responsabilités, des résistants de la dernière heure qui auront accaparé les places, les honneurs et les décorations. Cette situation nouvelle les renforcera souvent dans leur mutisme.
22 cm de diamétre de tour de taille de Marcel HOUDARD

 

Combien de rescapés pour le Train de Loos ? On dénombre 275 survivants selon le livre de Yves Le Maner paru en 2003...

En 1945 les alliés et le monde découvrirent l'horreur!

L'inimaginable!

L'impensable oubli...

"Le ventre est encore fécond d'où a surgi la bête immonde"

Berthold BRECHT

Dix millions de déportés seront victimes de cette barbarie sans précédent.
Pour la France :

  • 238000 déportés, dont 75000 juifs 30000 reviendront en 1945 mais tellement affaiblis que la moitié disparait dans les semaines qui suivent leur libération.
  • 70000 déportés pour le Nord-Pas-de-Calais dont 1250 dans le train de Loos du 1/09/1944.
  • Quelques centaines de survivants en 1945.

FRITZ HADENER un des principaux membres des services de la gestapo à la Madeleine les Lille .

Ce sourire cache une atrocité particulièrement insupportable beaucoup de résistants ne pourront jamais oublier le cauchemar qu'il leur a fait subir !

C'est dans cet immeuble de La Madeleine que les tortionnaires NAZIS de la gestapo s'acharnent sur leurs victimes en leur infligeant toutes sortes de tortures plus cruelles et plus barbares les unes que les autres .

 

C'est dans ces deux immeubles au premier plan à droite 18 et 20 rue François de Baedts.

Le Mémorial du Train de Loos a été reconnu comme site sur les chemins de la mémoire.

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