Origines de l'Abbaye de LOOS
  Evolution Politique de la Flandre

 


Les Origines

L’abbaye de Loos est une des 1 800 abbayes cisterciennes fondées en occident entre le XIIème siècle et le XVIIIème siècle.

L’ordre monastique cistercien a été fondé en 1115 par Saint Bernard à partir de l’abbaye de Cîteaux (cistercien). L’abbé installe sa première abbaye cistercienne à Clairvaux. L’ordre pratique la règle de Saint Benoît avec beaucoup plus de rigueur, d’austérité, de dépouillement et de pauvreté. La journée se partage entre le travail, la prière, le recueillement et le repas.

Le XIIème siècle, en occident, voit une remarquable expansion du christianisme ; une foi intense participe à la reconquête de la terre sainte par les croisés. Partout en occident, se multiplient les constructions religieuses (chapelles, églises, cathédrales, abbayes...). Saint Bernard participe pleinement à ce renouveau religieux à travers la création de cet ordre cistercien. Il parcourt le royaume de France pour prêcher la croisade. Le royaume chrétien de Jérusalem est à nouveau menacé. L’occident chrétien organise une seconde croisade pour le défendre.

En 1140, Saint Bernard se trouve en Flandre pour réveiller la foi des seigneurs et des chevaliers flamands. Il profite de ces déplacements pour créer des filiales de Cîteaux et obtenir des puissants des lieux pour implanter ces abbayes. Le comte de Flandre, Thierry d’Alsace, de retour de Terre sainte, va lui donner trois endroits pour édifier ces abbayes. L’abbaye des Dunes en 1138, celle de Clairmarais en 1140, l’abbaye de Loos en 1146. Ces donations sont réalisées pour encourager et remercier Saint Bernard de prêcher pour la seconde croisade.

Avant la révolution, tout abbé a ses armoiries. Et toute abbaye a les siennes; ces dernières peuvent avoir évolué au cours des siècles. Celles, montrées ici, sont postérieures à l'entrée (ou plutôt à la rentrée) de la Flandre dans le giron de la France.

 

Armoiries de l'Abbaye cystercienne de LOOS (forme simplifiée des armes primitives)
"D'azur à 8 fleurs de lys d'or mises en orle autour d'un écusson d'or au lion de sable armé et lampassé de gueules" (Dessin et description de G.Janssen).
 

Le choix de Loos n’est pas le fait du hasard. Il existe déjà dans cette vallée de la Deûle humide et marécageuse, souvent dévastée par les inondations et peu habitée, une communauté monastique. C’est aussi dans ces lieux qu’une légende, remontant au IXème siècle, rappelle qu’une statue de la Vierge a échappé miraculeusement aux dévastations des Vikings qui ont remonté la Deûle. C’est encore dans ces lieux chargés de mystère qu’ont eu lieu des miracles ; ainsi la foudre détruit un chêne sous lequel s’était réfugié un certain Maurice. Celui-ci échappe à la mort grâce à l’intervention de la Vierge qui lui apparaît près de ce chêne. Saint Bernard aurait visité ces lieux. Le choix n’est donc pas dû au hasard.

En 1146 : Une charte du comte de Flandre confirme l’achat par les religieux cisterciens d’une terre appartenant à Bernard d’Ennequin qui la tenait de son seigneur le comte de Flandre. Cette charte est signée par un moine, Jean le Bel, qui sera le premier abbé de Loos. C’est donc en 1146 que Loos, la paroisse de l’autre côté de la Deûle, entre dans l’histoire grâce à son abbaye. Les premiers religieux délimitent leur domaine en plantant des croix : la croix de l’Abbaye vers Haubourdin, la croix du Temple vers Lomme, la croix d’Avesnes vers Ennequin. Les bâtiments sont construits par Roger de Wavrin et en 1148, les premiers moines s’y installent. Ils auront auparavant suivi une formation aux règles cisterciennes à la maison mère de Clairvaux. C’est Jean le Bel qui devint le premier abbé. 40 abbés vont lui succéder jusqu’en 1790 ! Soit près de 650 ans !

 

Portrait de l'Abbé Pierre Carpentier, 30éme abbé de Loos (1575-1606), mort à 73 ans, originaire de la Bassée et dont la devise était : Laus mea tu es ([Dieu], tu es l'objet de ma Louange).
Ce portrait fait partie d'un triptyque provenant de l'Abbaye et, maintenant, dans l'église Saint-Nicolas-en-Cité à Arras.
Pierre Claeissens, peintre brugeois comme son père Pierre, a réalisé l'oeuvre en 1577
(Cl. P. Wintrebert, repris par J.-L. Thieffry des Archives Départementales).

 

[Haut de page]


Evolution Politique de la FLANDRE [XIIème - XIIIème siècles]

 

Durant cette longue existence, la Flandre va connaître une histoire agitée et changer souvent de maître. Les guerres vont déferler et dévaster régulièrement ce très riche comté. Jusqu’en 1304, la Flandre est sous l’autorité des comtes de Flandre, fondateurs et protecteurs des abbayes qu’ils dotent des moyens matériels considérables. C’est une période de prospérité, de développement et d’essor économique.

En 1304, Philippe IV le Bel, roi de France, après sa victoire à Mons-en-Pévèle s’approprie la Flandre jusqu’en 1369. Par mariage, la Flandre rejoint le duché de Bourgogne. Lille devient une des capitales des ducs de Bourgogne, mais la guerre de cent ans (1340-1470) ravage la Flandre entraînant son cortège d’épidémies, de destruction, de déclin. L’abbaye de Loos n’est guerre épargnée. C’est encore un mariage qui va unir le duché de Bourgogne à la dynastie des Habsbourg d’Autriche. La Flandre est sous l’autorité des empereurs d’Autriche d’abord (l’un d’entre eux viendra en pèlerinage à Loos à la chapelle de Notre Dame).

Puis, après 1550 et l’abdication de Charles Quint, la Flandre passe sous l’autorité espagnole du roi Philippe II. Jusqu’en 1667, la Flandre et l’abbaye de Loos connaissent une longue période de paix et de prospérité.

Mais le nouveau roi de France, Louis XIV, depuis 1661, a de grandes ambitions. Il veut repousser la frontière de son royaume vers le nord, atteindre la limite naturelle du Rhin ! Il entre en guerre pour 30 ans pour conquérir ces Pays-Bas, dont la Flandre. En 1668, il reprend la châtellenie de Lille. L’abbaye rentre dans le royaume de France. Louis XIV en nomme les abbés. La guerre et son cortège de misères, s’abattent sur la Flandre. L’abbaye est ruinée, dévastée, pillée. C’est en 1713 au traité d’Utrecht que les frontières actuelles sont définitivement fixées. Lille, Loos et l’abbaye sont définitivement françaises.

.
<< Clic sur les vignettes pour Zoomer ! >>
L'Abbaye de LOOS sur le plan des communes..
 
Plan cadastral de Loos

 

Jusqu’en 1790, l’abbaye connaît une longue prospérité ; les bâtiments actuels sont construits vers 1750 ainsi que les bâtiments annexes ; des portes monumentales en marquent la richesse. L’abbaye est devenue une remarquable entreprise capitaliste ouverte sur le progrès, s’enrichissant grâce au travail de ces moines et à la remarquable gestion de ces abbés.

[Haut de Page]